En traversant la Dobrogea

La Dobrogea c’est la région de l’est de la Roumanie, sur le bord de mer, composée de 2 départements, Tulcea et Constanţa. En arrivant de Bulgarie, les derniers jours de mon voyage sont donc consacrés à la traversée de cette région du Sud au Nord, pour rejoindre mon point de départ à Braïla ; pas tout à fait au bord de la mer, mais c’est là que j’avais établi mon « camp de base » chez Carmen et Florin. Comme je connais déjà les 2 routes les plus proches de la mer, c’est en diagonale que je progresse, en passant par Medjidia, Cernavodă et le long d’un des bras du Danube.

A cet endroit, le Danube se sépare en 2 bras, ce qui forme une île d’une cinquantaine de km sur vingt. Je la connaissais de nom et je pensais qu’on y accédait seulement depuis Braïla, mais en fait il existe quelques points de passage en bac, dont celui que j’ai pris dans le sud-est de l’île. Toute la journée je me suis demandé ce que me réservait la dernière soirée du voyage ; c’est donc à Frecăţei que se termine le 174 ° jour, sur l’île de Braïla.

MARDI 15 OCTOBRE, BRAÏLA 175 JOURS DE VOYAGE 11871 KM

C’est sous un ciel bleu et poussé par un léger vent dans le dos que j’égrène les 50 derniers km de ces 6 mois d’aventure. L’île est une immense plaine fertile irriguée par le Danube, dont les ¾ des champs appartiennent à une seule ferme, Agricost, la plus grande d’Europe. (56000 ha, 800 employés et des récoltes qui se comptent en milliers de tonnes). Depuis le débarcadère, je rejoins la maison de Florin en quelques minutes, où il m’attend avec un bon repas de mamaliga et une bouteille de vin Moldave de 10 ans, pour fêter mon retour et la réussite de mon incroyable voyage. Voilà, 6 mois sont passés, je suis comblé et fier de moi. Encore quelques jours pour organiser le retour en bus, ça veut dire démonter le vélo et l’emballer dans un carton puis apprécier les souvenirs emmagasinés, et reprendre les 2 kilos perdus.

J’en ai rêvé, je l’ai fait et j’ai réussi, tout simplement…..

Ci-dessous, le texte publié par la bibliothèque française de Mangalia après mon passage.

#5luni12000kmEtienneZabe

Că să parcurgi peste 12.000 de kilometri cu bicicleta, îți trebuie o doza puternică de curaj, de depășire de sine fața acelor obstacole întâlnite pe drumul tău spre realizarea scopului tău ! Pe scurt, să fii un luptător adevărat, dincolo de performanța sportivă!

Când vii pe litoralul Mării Negre, din 2007, dar îți dorești din toată inima să vezi dincolo de orizont… Urci pe bicicleta și îndrăznești să pleci din Franța pentru a realiza, neînsoțit, o extraordinară călătorie de 5 luni în jurul Mării Negre… traversând peste 10 țări, pe 2 roți. Orașul de plecare/sosirii pentru Turul Mării Negre este Brăila.

Distanța totală: 11870km mai exact.🚴‍♂️

Etienne Zabe este originar din orașul Belfort în estul Franței și ne a făcut o vizita neanunțată la Biblioteca Franceză, joi, 10 octombrie 2019, în #Mangalia.

Copiii care participau la primul lor atelier de conversație în limba franceză au avut parte de un moment unic! Au putut să-l intervieveze în limba română. Au rămas plăcut surprinși!

Grand Merci à toi, Etienne, pour ce passage à Mangalia ! Toutes nos félicitations! Même si, toi seul, sais combien ce voyage a été un véritable challenge personnel !
#TurulMariiNegre #Velo #cyclisme #performantasportiva #Romania #mernoire

Retour à Panitsovo

Ce nom ne vous dit rien ? C’est normal, c’est un village paisible de Bulgarie entre Burgas et Varna, dans les collines à 20 km de la mer. Sans le savoir, j’ai roulé cet après-midi sur une portion de route déjà prise en 2015 mais en sens inverse. Arrivé au bout de ce village donc, je cherche à camper, et tout en regardant les maisons je me dis « c’est bizarre, ça me rappelle quelque chose « . Et plus j’avance plus l’impression est forte lorsque je m’arrête devant la porte des gens chez qui j’avais campé il y a 4 ans. L’hésitation n’a pas duré longtemps. La mamie prévenue par son fils se souvient aussi de ce cycliste, mais ce soir pas question de dormir sous la tente à cause du froid. Ils m’emmènent dans une autre de leur maison, en construction, où je dispose du grenier en cours d’aménagement, mais bien suffisant pour une nuit. C’est quand même bien utile d’avoir de la mémoire visuelle. Et quelle joie de retrouver l’accueil des peuples slaves après la froideur des turcs. Les jours suivants je passe à Varna et Balchik où je visite le palais de la reine Marie de Roumanie, construit à une époque où cette région de Bulgarie était Roumaine. Une fois la frontière passée je fais ma pause déjeuner à Vama Veche, dernier pique-nique face à la mer, et l’après-midi j’ai rendez-vous avec Marine, une bretonne franco-roumaine, qui gère la bibliothèque française de Mangalia. Elle a 5 jeunes élèves ce jour là, à qui elle enseigne leur première leçon de français. C’est Joël, le trésorier d’OVR qui nous a mis en relation. Elle est un peu désespérée de la disparition de la francophonie dans ce pays.

Mon trajet en Bulgarie

Photos suivantes, le jardin botanique de Balchik

Plage de Vama Veche

Charleville-Mezière est jumelée à Mangalia et a ouvert cette bibliothèque en 1992.

Le canal Danube-mer noire à Medjidia. Il permet d’écourter les temps de navigation .

Fin de l’article à Mircea Vodă, vendredi 11 octobre, 173 jours de voyage, 11689 km.

Gros orage et coupure de courant

Après 4 jours à contempler les merveilles d’Istanbul, je suis allé faire un tour de vélo sur la piste cyclable le long de la mer de Marmara dont m’avait parlé Pascal. Au bout de 30 km je n’étais toujours pas sorti de la ville, qui continue beaucoup plus loin semble-t-il. Demi-tour au niveau des îles des princes, pour une remise en route c’était bien suffisant. Et surtout le lendemain, le plus dur m’attendait ; Si l’entrée dans Istanbul était un jeu d’enfant, la sortie vers l’ouest est un calvaire. Malgré mon GPS, j’ai dû adapter mon parcours au fur et à mesure de mon avancée selon les routes qui se présentaient devant moi. 3 heures pour atteindre la grande banlieue, et 2 de plus pour enfin être à la campagne. Ouf !! Je suis sorti du ventre de la bête.

Encore quelques photos d’Istanbul

Cette borne symbolise l’arrivée de l’ancienne route de la soie, au pied de la tour de Galata ; verrai-je un jour l’autre extrémité, en Corée du sud ?

B

Fin de journée dans le quartier des grossistes en habillement et chaussures.

Les chats sont omniprésents en Turquie, ils n’appartiennent à personne mais les habitants les nourrissent sur les bords de fenêtres, les montées d’escaliers….et ne sont pas sauvages.

A 25 km du centre d’Istanbul

Je traverse alors la région de Thrace, nettement moins dense que la région de la mer noire ou qu’Istanbul. Surpris par un orage en fin d’après-midi, je trouve refuge dans un bistrot où je pourrai faire sécher mes habits et y passer la nuit. Samedi en milieu de journée, je passe la frontière Bulgare au poste Dereköy / Malko Tarnovo presque désert. Un bulgare me le confirme le lendemain, il y a très peu de trafic à cet endroit. Vous vous demandez peut-être pourquoi j’ai passé la frontière dans les montagnes, c’est tout simplement qu’il n’ y a pas de douane au bord de la mer, le passage est impossible. Après l’effervescence turque, voilà le calme en Bulgarie, particulièrement ici dans le parc naturel Strandja. A Bourgas, ville portuaire , je suis accueilli par Evgueny et Nina, membres du réseau Warmshower, grâce auquel on peut trouver des hébergements chez l’habitant ; quand je ne suis pas en voyage, je reçois assez souvent des cyclistes de passage sur le même principe.

Burgas, dimanche 6 octobre 11319 km

Spécial Istanbul

Vendredi matin je me suis mis en quête d’un magasin de velos pour changer le roulement de pédalier, le mien ayant du jeu depuis plusieurs milliers de km il était impératif de le remplacer. J’ai fait 4 boutiques, fort heureusement dans le même quartier, avant de trouver un réparateur qui me le fasse. Et ensuite il me tardait de traverser le Bosphore pour aller sur la rive européenne , là où sont les principaux monuments à visiter. 20 minutes, de l’embarcadère Kadıköy à Karaköy, et me voilà parmi le flot de touristes et des passants locaux au beau milieu du quartier Beyoglu.

La tour de Galata.

Ça monte sérieusement par des rues pavées et parfois par des escaliers pour arriver à la tour de Galata. Haute de 70 m, elle fut édifiée une première fois au 5 ° siècle, puis détruite et reconstruite au gré des événements historiques. Ses fonctions aussi ont changés, puisqu’à l’origine c’était un phare, et elle a servi successivement de prison, d’observatoire astronomique, de tour de guet pour les incendies, et maintenant les touristes y montent pour observer la ville. Poursuivant par l’avenue de l’indépendance, rue piétonne de 1km 3, j’étais place Taksim.

Photos du haut : rue de l’indépendance photos suivantes : place Taksim

Je suppose qu’on est tous pareils, on se demande si des événements dont on a connaissance vont se produire lorsqu’on voudrait ; pour moi ça s’est passé ce jour là, alors que je rejoignais l’embarcadère après ma longue promenade. Tout occupé à contempler mon environment temporaire, je n’ai pas vu l’ obscurité arriver dans ces ruelles. Mais lorsque j’en sors, je me dirige vers le pont de Galata, je contourne un bazar, et soudain il apparaît, majestueux…..un coucher de soleil sur la corne d’or !!

Je pense que même les stambouliotes ne se lassent pas d’un spectacle pareil.Les jours suivants, c’est le quartier de Sultanhamet que j’ai foulé, avec la mosquée bleue, la mosquée sainte Sophie, le bazar aux épices, le grand bazar et le palais Topkapi.

Mosquée Bleue

Mosquée Sainte Sophie

Bazar aux épices

Grand bazar

Et comme le beau temps est installé, encore un coucher de soleil

Palais Topkapi

Ça y est, j’ai vu le Bosphore.

Istanbul, jeudi 26 septembre, 10914 km, jour 158.Parvenu à l’extrémité est de la côte turque sur la mer noire, voilà le moment tant attendu, tant imaginé de la rencontre avec le détroit du Bosphore ; c’est chose faite ce jeudi 26 septembre en fin de matinée au village de Anadolu Feneri, appuyé à la rambarde du phare. Je contemple ce passage séparant une ville, Istanbul , un pays, la Turquie, et 2 continents, l’Europe et l’Asie. Bien que le voyage ne soit pas terminé, (il me reste encore 2 semaines), à cet instant je ressens vraiment l’impression d’avoir accomplis un exploit, et que le plus dur est derrière moi. J’appréhendais un peu l’entrée dans Istanbul, cette mégapole de 15 millions d’habitants, mais finalement c’était assez facile. Il y a 30 km de banlieue à traverser parmi les voitures, et de temps en temps une courte piste cyclable interrompue brutalement . En fin d’après-midi je trouve l’auberge de jeunesse que m’a reccommandé Arnaud, un français que j’ai croisé la semaine dernière, lui est parti en avril aussi pour un an et demi de voyage ; il a prévu de passer l’hiver en Géorgie ou Arménie.Le détroit, long de 32 km pour 600 à 3300 m de large, voit passer 120 navires par jour. La route que j’ai prise permet de voir de jolies maisons en bois ainsi que des ports dee plaisance.Le détroit se traverse par 4 ponts ou de nombreuses lignes de ferries.Rien à voir avec Istanbul, mais l’autre jour j’ai vu des dauphins. Quand j’étais en Crimée, des russes m’ont dit qu’on peut en voir aussi là-bas.Un article plus complet sur le Bosphore si ça vous intéresse :https://www.ritimo.org/Des-detroits-en-eaux-troubles-l-exemple-du-Bosphore-en-Turquie

La préparation du thé

Ereğli, Turquie, vendredi 20 septembre jour 152, 10497 km

Je pensais être à Istanbul pour cette date mais le relief de la côte en a décidé autrement. Voilà une semaine que je roule 50 km par jour dans les raidillons à 10 / 12 %, à 5 km/h et en faisant des zigzags pour atténuer la pente. Pas grave, les paysages sont chouettes, la meteo clémente et la mer est bonne en cette saison. Sauf entre Zonguldak et Ereğli, c’est une région de mines de charbon.Dans un autre article j’ai parlé de la culture du thé, là on va voir la façon de le préparer.

C’est un samovar, à chauffage au bois, on en trouve partout, ils l’emmènent aussi en pique-nique. Le principe est simple, le feu de bois chauffe le plus gros des réservoirs d’eau, tandis que le thé infuse dans la petite théière. Comme il est très concentré, on en verse un tiers que l’on complète avec l’eau bouillante en ouvrant le robinet. (J’espère que mes explications sont claires )

Dans les campagnes ils utilisent ces engins pour monter ou descendre des pentes parfois vertigineuses

Les villes de Amasra et Bartın, proche l’une de l’autre, sont agréables pour s’y promener.

Deuxième semaine en Turquie

Je progresse lentement vers l’ouest en alternant le bord de mer et les jolies vallées indiquées sur ma carte. Après Samsun, ville la plus peuplée de la côte avec 600 000 habitants, le paysage et le climat changent ; j’entends à nouveau les cigales et je respire le parfum de pin maritime. Et surtout, gros avantage pour moi, le trafic est tombé presque à zéro, la route principale partant dans l’intérieur du pays, je roule sur la D010 en très bon état. J’ai adoré la presqu’île de Sinop, ville natale du philosophe Diogène ; en faire le tour est un régal pour les yeux. La route monte à quelques centaines de mètres au-dessus ees eaux, et ce jour là je pouvais contempler la côte de part et d’autre sous un soleil radieux. Le lendemain j’ai roulé vers Erfelek et un parc naturel au bout du lac, abritant une vingtaine de cascades à proximité du village Akören. Pour dormir j’ai trouvé refuge chez des fermiers et 2 fois dans l’annexe d’une mosquée, dont une où l’imam a téléphoné à ses nièces de Lyon pour la traduction.

Samsun

Comme partout en Turquie, la figure emblématique d’Atatürk est omniprésente, ici symbolisée à sa descente du bateau lors d’une visite de la ville il y a 100 ans.

D’un bout à l’autre de la ville, et même au au-delà, une piste cyclable en site propre, soit 20 km au total.

Paysages typiques dès qu’on s’éloigne du bord de mer.

Abana, vendredi 13 septembre, 145 jours , 10112 km.